Ombre Chinoise

Ombre Chinoise
OMBRE CHINOISE



Balayant de son faisceau en filigrane d'argent les toits verts et superposés des pagodes, un rayon de lune se glissa entre les lames des persiennes. Il éclaboussa de douce clarté les jades et les bronzes qui ornaient la chambre, effleura de ses longs doigts d'étain le paravent incrusté de dragons noirs, la lanterne en soie peinte suspendue au-dessus du lit en bois de rose où Pivoine s'abîmait dans un rêve sans fin.

Mue par un soudain et irrépréhensible élan, la jeune fille écarta les rideaux de sa couche, se leva et revêtit sa tch'an 'pao.

Au tintement de ses bracelets, l'alouette secoua ses ailes brunes dans la cage de bambou qui oscillait près du coffre de laque rouge.

Guidée par le lilas et le jasmin qui répandaient leurs parfums délicats sous les cerisiers, Pivoine franchit l'écran de marbre.

Enivrée de brise vespérale, elle avançait lentement, ses pieds menus chaussés de satin doré, son visage de fine porcelaine frémissant sous la poudre de riz, bien à l'abri derrière un fragile éventail. Une gerbe de lys piquée dans ses tresses noires dessinait un diadème au-dessus de son front pur.

Bien que séparée de son bien-aimé par les luttes ancestrales, elle souriait mystérieusement, les yeux étirés vers les tempes. Sa bouche en c½ur retenait les paroles pleines de sagesse que lui soufflait son âme.

Sur la surface miroitante de l'étang au-delà duquel les saules balançaient leurs rameaux bleutés, les carpes s'endormaient parmi les corolles des lotus qui étalaient leurs robes de tulle blanc rosé.

Sous la voûte céleste poudrée d'étoiles, les rocailles cristallines profilaient leurs ombres et le long de l'allée qui serpentait le jardin entre les pavillons silencieux, la fleur de pêcher semait à tout va ses pétales duveteux sous l'arche des pruniers.

Résolument, Pivoine progressait à pas comptés sur le petit pont de bois qui enjambait la mare aux nénuphars ...
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# Posted on Sunday, 01 November 2009 at 10:06 AM

Edited on Sunday, 01 November 2009 at 10:21 AM

Quelques poèmes

Quelques poèmes qui ont obtenu un Grand Prix ou un Premier Prix ...

# Posted on Monday, 12 October 2009 at 9:39 AM

Edited on Sunday, 01 November 2009 at 10:21 AM

La croix de ton absence

La croix de ton absence
La Croix De Ton Absence


Par la grâce du ciel où vibre ta présence,
En mon c½ur transcendé sous l'écho des douleurs,
S'interpose un soupir aux trilles enjôleurs
Sous un archet de feu, serti de quintessence.

Quand la gaine se rompt libérant son essence,
Mon âme se nourrit au calice des fleurs
Où s'égrène à tout va le pollen de mes pleurs.
Qu'elle est lourde à porter la croix de ton absence !


Les mots sont une clef ouvrant sur l'infini.
Au temple d'un ailleurs que l'instant soit béni
Sur l'autel des toujours où brûle ta mémoire !


Si le temps se déchire aux ronces de l'oubli,
Inscrit en lettres d'or aux pages d'un grimoire,
L'espoir vole en éclats, dessein inaccompli !

GRAND PRIX DU SONNET AU CONCOURS INTERNATIONAL DES EDITIONS TERRICIAE, 2009

# Posted on Tuesday, 20 October 2009 at 6:28 AM

Edited on Friday, 30 October 2009 at 12:35 PM

Comme Une Aube Qui Monte

Comme Une Aube Qui Monte
Comme Une Aube Qui Monte



A la pointe du ciel, l'étoffe de mon rêve,
Comme une aube qui monte au concert des oiseaux,
Compose une guipure aux jeux de ses fuseaux
Sur le métier du temps n'offrant aucune trêve.


Elle lance ses fils, pareille à la brodeuse
Dont la navette glisse entre deux univers,
Noue autour de mon c½ur, maille endroit, maille envers,
Une aura de lumière, habile ravaudeuse.


Sur la trame des mots auxquels aspire l'âme,
L'or de ses doigts de fée au jour en devenir,
Imprime en la dentelle, ouvrant sur l'avenir,
Ses festons d'allégresse où s'élève ma flamme.


Et son aiguille court sur le tambour magique,
Dévidant sa quenouille aux laines du matin,
Tissé de clair de lune en offrande au destin,
File mes rêves bleus au rouet nostalgique.

Apollon d'Or en Poésie Classique Aux Apollon d'Or de Vaison La romaine, 2009

# Posted on Sunday, 18 October 2009 at 4:13 AM

Au Rendez-Vous D'Amour

Au Rendez-Vous D’Amour
Au Rendez-Vous D'Amour



Sur le sable des jours, le Temps est notre Maître.
Au temple de l'espoir, enfouis en secret,
Que d'aveux retranscrits aux pages du regret
S'effeuilleront au vent quand l'Aube va renaître !


Ta prunelle voyage en ses yeux d'améthyste,
Captive en son pouvoir où l'âme se confond,
Comme un parfum d'invite au mystère profond
Se pose au bleu du rêve entre ses mains d'artiste.


Du collier de ses bras au miel de sa caresse,
En cette heure de grâce offerte à tous les cieux,
Au rendez-vous d'amour, un bonheur précieux,
Sans limite et sans loi, dans ton âme s'empresse.


Aux strophes d'un je t'aime, assoiffé d'ambroisie,
Dans ton c½ur en attente, aux feuillets du destin,
Se teinte d'irréel l'or du premier matin,
Ainsi qu'en un recueil fleuri de poésie.


GRAND PRIX DE LA VILLE DE BOLLENE 2009

# Posted on Sunday, 18 October 2009 at 4:00 AM

Poète !

Poète !

Poète


Sous l'or des frondaisons moiré d'un flot soyeux,
Embrasant les sous-bois irisés de bruine,
Visiteur recueilli des châteaux en ruine,
Poète, ouvre tes yeux !


Maître à bord d'un vaisseau cuirassé de porphyre,
Voyageur clandestin de l'univers, des cieux,
Pour qui la galaxie est guide précieux,
Poète, prends ta lyre !


Grisé par le chant pur du rossignol moqueur,
Amoureux des saisons, dans le vent, sous la pluie,
Pour qui l'instant présent se boit jusqu'à la lie,
Poète, ouvre ton c½ur !


Détenteur du secret, sous leur voile de brume,
Des étoiles, des mers, des forêts, des coteaux,
Prêtant une âme aux fleurs, aux objets, aux flûteaux,
Poète, prends ta plume !


Sur les sentes d'azur aux méandres crayeux,
Rêveur et solitaire en la nuit infinie,
Pour qui l'envol d'un geai donne sens à la vie,
Poète, ouvre tes yeux !


Jongleur prestigieux, sous l'aile de zéphyre,
Dont l'âme vibre au gré de merveilleux refrains
Berçant longtemps le c½ur de leurs mots souverains,
Poète, prends ta lyre !


Quand le soir vaporeux invite à la douceur,
Aux effluves subtils d'un grand bouquet de roses,
Témoin émerveillé de la beauté des choses,
Poète, ouvre ton c½ur !


Défenseur de la paix, quand la guerre transhume
L'opprimé, l'orphelin, de tolérance épris,
Pour qui la liberté, l'amour n'ont pas de prix,
Poète, prends ta plume !


Grand Prix De Poésie De la ville de Vaison La Romaine, 2006
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# Posted on Monday, 12 October 2009 at 9:29 AM

Edited on Tuesday, 13 October 2009 at 11:05 AM

Coeur A Coeur

 Coeur A Coeur
]Coeur A Coeur


Cheveux de blé, cheveux d'ébène entremêlés,
Une image s'éveille au fond de ma mémoire,
Mirages aussitôt dissipés, envolés,
Une fable, un roman aux pages d'un grimoire.

Au tout premier matin, c½ur à c½ur langoureux,
De serments, de soupirs en promesse éternelle,
L'ivresse vous berçait, élixir généreux,
Sur les ailes d'un rêve aux teintes de cannelle.

Un profil de gravure, un visage envoûtant,
Peau d'ambre, peau de pâle ivoire amalgamées,
Jaillit le souvenir d'un sourire éclatant,
Doux parfums épandus de vanille, camées.

La tendresse en partage au creuset de vos mains
Fleurit sur les sentiers escarpés de la vie.
Eclôt en votre c½ur au miel des lendemains
La même soif d'amour, de bonheur assouvie .

Regard de jais, regard d'émeraude fondus,
Un fulgurant éclair, une étoile filante,
Le passé, le présent, l'avenir confondus
S'ouvrent dans une étreinte ou caresse brûlante.

Dans l'infini des temps, c½ur à c½ur amoureux,
Sur l'océan des jours, voguez à perdre haleine.
Goûtez en votre hiver ce nectar chaleureux
Comme au premier matin tant que la coupe est pleine.
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# Posted on Sunday, 11 October 2009 at 6:36 AM

Edited on Monday, 12 October 2009 at 6:33 AM

Offrandes Du Soir

Offrandes Du Soir
Offrandes Du Soir

Maillet

Lorsque le ciel s'embrase au-delà des collines,
Suivons, main dans la main, les sentiers découverts
Emaillant les coteaux de teintes corallines
Parmi l'or des genêts, les bois de chênes verts.

Bercés par le chant pur des ondes cristallines,
Lorsque le ciel s'embrase au-delà des collines,
Oublions les tourments, le poids de lourds regrets,
Sous l'aile du zéphyr nous livrant ses secrets.

A l'heure où, troubadour, des notes sibyllines,
Le rossignol égrène en l'éther vaporeux,
Lorsque le ciel s'embrase au-delà des collines,
Enivrons-nous du miel d'un accord langoureux.

Sous les feux du couchant aux lueurs vitellines
Drapant plaines et monts d'un somptueux camail,
Laissons parler nos c½urs en son écrin d'émail,
Lorsque le ciel s'embrase au-delà des collines.
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# Posted on Sunday, 11 October 2009 at 6:56 AM

Edited on Wednesday, 14 October 2009 at 4:27 AM

Au Secret

 Au Secret
Au Secret



Au secret de la nuit mon âme ourdit sa toile,
Tresse au fil des aveux l'écheveau de satin
A l'ombre des toujours où s'égare l'étoile ;
A la nuit de saphir j'ai livré mon destin.


Au secret du miroir où sombrent face à face
Tous mes rêves d'amour jetés au mascaret,
Sous un voile de sang qui jamais ne s'efface ;
Au miroir de cristal j'ai livré mon regret.


Au secret du silence altéré de tendresse,
Résonne à l'infini, mariée à ton respir,
Ma voix dont les accents s'habillent de caresse ;
Au silence des jours j'ai livré mon soupir.


Au secret de ton c½ur une rose est éclose,
Calice de vermeil tissé d'un doux serment,
Au sein de ses replis la tendresse est enclose ;
A ton c½ur langoureux j'ai livré mon tourment.


Grand Prix Aux Jeux Floraux De La Principauté D'Orange, 2008
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# Posted on Sunday, 11 October 2009 at 6:35 AM

Edited on Monday, 12 October 2009 at 5:49 AM

Viens

 Viens
Viens



Viens t'asseoir au jardin sous la fraîche tonnelle,
A l'heure où le soleil, par-delà les bosquets,
Empourpre le nuage aux couleurs de prunelle,
Festonne un ciel d'azur de somptueux bouquets.


Le long des sentiers clairs où le sureau s'incline,
Egrenons, c½ur à c½ur, des souvenirs heureux,
Lorsqu'une douce brise aux senteurs d'aveline,
Distille à travers bois son souffle langoureux.


Dans le déclin du jour à l'ombre du vieux charme
Qui se mire en l'étang ramagé de lampas,
Retrouvons le plaisir sous l'emprise d'un charme,
De cheminer ensemble en accordant nos pas.


Les doigts entrelacés à l'abri des ramilles
Dont l'écheveau de soie où se glisse un frisson,
Disperse autour de nous le parfum des ormilles,
Savourons le bonheur de vivre à l'unisson.

Viens t'asseoir au jardin drapé de marjolaine,
A l'heure enchanteresse où l'astre iridescent
Emaille son profil aux tons de porcelaine
Sur le monde assoupi, royaume incandescent.
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# Posted on Sunday, 11 October 2009 at 6:31 AM

Edited on Sunday, 11 October 2009 at 12:00 PM